Le 22 juillet 2024, 3eme Regiment Etranger d’infanterie basé à Kourou en Guyane française a donné un hommage officiel pour commémorer l’assassinat de leur ancien Chef de Corps.
Texte du discours officiel

Photos de l’hommage :





Colonel Edmond Robert Lévêque et Marguerite Lévêque
La vie du Colonel Edmond Robert Lévêque et de Marguerite Lévêque
Le 22 juillet 2024, 3eme Regiment Etranger d’infanterie basé à Kourou en Guyane française a donné un hommage officiel pour commémorer l’assassinat de leur ancien Chef de Corps.
Texte du discours officiel

Photos de l’hommage :






▪️6 juin 1944 : Débarquement en Normandie (wikipedia)
▪️mi-juin 1944 : Hitler donne l’ordre de tuer tous les « terroristes ou saboteurs »
▪️ mi-juin 1944 : Conférence tenue à Dijon sous les auspices du général nazi Hederich, parmi les participants étaient présents Emil Goldberg (Adjudant de la SD de Chalon) et Hanz Kruger (chef de la gestapo à AUTUN et Chalon sur Saône).
▪️ Juin-Juillet 1944 : Le Colonel Lévêque est dénoncé par le garde du corps du sous préfet d’Autun ainsi que par le milicien Mulard.
▪️ 22 Juillet 1944 : Execution du Colonel Lévêque à son domicile devant sa femme et sa fille.
▪️ 22 juillet 1944 : Laurence Lévêque est confiée au secours populaire avant d’être recueillie par ses grands-parents Edouard et Alice Kinziger.
▪️ 22 Juillet 1944 – 24 août 1944 : Marguerite Lévêque – Arrestation par la gestapo et emprisonnement à la prison de Chalon-sur-Saône
▪️ 25 juillet : Les français négocient l’enlèvement de la dépouille du Colonel Lévêque de son appartement
▪️ 24 août 1944 Marguerite Lévêque est arrêtée et déportée à Ravensbrück
▪️ 29 mars 1945 : Gressard est Condamné à mort par la cour de justice de Chalon
▪️ 1945 – 11 avril – 14 Avril 1945 Marguerite Lévêque – Rapatriement vers Paris depuis le camps de concentration de Ravensbrück, Allemagne
▪️ 8 Mai 1945 Victoire des alliés
▪️ 10 mai 1945, à 5 h 55 : Gressard est fusillé devant un peloton d’execution sans avoir les yeux bandés à la prison de Chalon sur Saône.
▪️ 1945 – 1972 Karl Heinz Hederich (wikipedia) fut fait prisonnier par les Soviétiques en avril 1945, où il resta jusqu’en août 1945. De décembre 1945 à septembre 1948, il fut placé en détention comme témoin lors du procès de Nuremberg . En octobre 1949, il fut dénazifié et disculpé à Düsseldorf . Après sa libération, il a travaillé pendant près de 25 ans jusqu’en 1972 comme ingénieur dans une entreprise de construction métallique à Mönchengladbach. (Source wikipedia, traduit de l’anglais).
▪️ 3 février 1947, Hans Krüger (wikipedia) est condamné une première fois à mort par contumace par le tribunal militaire de Dijon pour les faits passés à Dun-les-Places. Entre 1944 et 1959, il rentra dans la vie civile, occupant des postes de représentant de commerce et se lança en politique. Le 18 avril 1966, s’ouvre son procès à Münster.
▪️ 3 février 1947, Emil Goldberg, adjudant SD, fut condamné à mort par le tribunal militaire de Dijon, peine commuée en 20 ans de travaux forcés.
▪️ 10 juin 1953, Hans Krüger (wikipedia) est condamné une seconde fois à mort par contumace par le tribunal militaire de Lyon.
▪️ 6 mai 1968, Krüger est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour crimes contre l’humanité. Il ne sera jamais condamné pour ses crimes commis contre les Polonais ethniques, non juifs, ni ceux des résistants français. Il est libéré de prison en 1986 et meurt le 8 février 1988 (sources:wikipedia).
L’ordre national de la Légion d’honneur est l’institution française qui, sous l’égide du grand chancelier et du grand maître, est chargée de décerner la plus haute décoration honorifique française. Instituée le 19 mai 1802 par le Premier consul de la République, Napoléon Bonaparte, elle récompense depuis ses origines les militaires comme les civils ayant rendu des « services éminents » à la Nation.
L’ordre comprend trois grades (chevalier, officier et commandeur) ainsi que deux dignités (grand officier et grand-croix). En général, et selon la terminologie officielle, on est successivement : « nommé au grade de chevalier, promu au grade d’officier, promu au grade de commandeur, élevé à la dignité de grand officier, élevé à la dignité de grand-croix »


La Médaille militaire est la plus haute distinction militaire française
Récompense d’exploits extraordinaires ou de longues années passées sous les drapeaux, elle répond à la devise » Valeur et discipline ».
Souvent appelée « la Légion d’honneur du sous-officier », la Médaille militaire est la troisième décoration française dans l’ordre de préséance, après l’ordre de la Légion d’honneur et l’ordre de la Libération.
De plus, toute candidature doit s’appuyer sur des mérites établis.
La Médaille militaire peut être attribuée aux étrangers.
Aujourd’hui, pour le grand public, cette décoration est souvent associée aux cérémonies militaires qui se déroulent notamment dans la cour des Invalides en présence du président de la République pour rendre hommage aux soldats méritants ou aux soldats tués en interventions extérieures, comme ces dernières décennies au Tchad, en Afghanistan ou encore au Mali.

La médaille de la Résistance française est une décoration française instituée en février 1943 à Londres par le général de Gaulle, chef de la France combattante. Son objet était de « reconnaître les actes remarquables de foi et de courage qui, en France, dans l’Empire et à l’étranger, auront contribué à la Résistance du peuple français contre l’ennemi et contre ses complices depuis le 18 juin 1940 ». Il s’agit, après l’ordre de la Libération, de la seconde et seule autre décoration créée pendant la Seconde Guerre mondiale par le général de Gaulle.
La médaille de la Résistance française a été conférée à 65 029 personnes dont 25 722 à titre posthume, appartenant aussi bien aux Français libres qu’à la Résistance intérieure. Elle a été également attribuée à 55 collectivités civiles ou militaires

L’ordre national de la Légion d’honneur est l’institution française qui, sous l’égide du grand chancelier et du grand maître, est chargée de décerner la plus haute décoration honorifique française. Instituée le 19 mai 1802 par le Premier consul de la République, Napoléon Bonaparte, elle récompense depuis ses origines les militaires comme les civils ayant rendu des « services éminents » à la Nation.

La croix de guerre 1939-1945 est une décoration militaire française destinée à distinguer des personnes (civiles et militaires), des unités, des villes ou des institutions ayant fait l’objet d’une citation pour fait de guerre au cours de la Seconde Guerre mondiale.


Cette décoration est l’équivalent de celle dont bénéficiaient les combattants de la première Guerre mondiale. C’est à la demande des associations d’Anciens combattants que l’État fixe par une loi du 4 février 1953, assortie d’un décret d’application du 19 novembre 1955, l’attribution de la croix du combattant volontaire 1939-1945.
Ruban : de couleur rouge (rappel du ruban de l’Ordre national de la Légion d’Honneur), avec une bande médiane verte et deux bandes latérales jaune (rappel du ruban de la Médaille militaire).
Croix : à l’avers « RÉPUBLIQUE FRANÇAISE » et au revers les dates « 1939-1945 ».

NDLR: A la demande de Marguerite, l’inscription « Mort pour la France » fut rajouté sur l’acte de décès.
« Mort pour la France » est une mention honorifique posthume ajoutée à l’état civil d’une personne afin de reconnaître son sacrifice au service de la France. L’attribution de cette mention est régie par les articles L. 511-1 à L. 511-51 du Code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre.

NDLR : 6929 documents d’archives ont été transmises par le Ministère des Armées.
Procédure judiciaire dite du « Siecherheitsdienst (SD) de Chalon-sur-Saône », clôturée par le jugement no 195/5732 rendu le 12 juin 1953 par le Tribunal militaire permanent (TMP) de Lyon à l’encontre d’Emile Goldberg, Karl Haeberle et Hans Kruger (Source: Ministère des Armées, Juillet 2023)
Extrait des journaux :
L’ASSASSINAT DU COLONEL Lévêque à AUTUN
C’était Haeberle qui est chargé d’arrêter le Colonel Lévêque d’Autun, sur ordre du Lieutenant Hans Krüger. Le Colonel Lévêque était un brilliant officier supérieur. Ancien élève de l’école de Saint Maixent, il avait commandé le magnifique régiment qu’est le 3e étranger à Fez. Puis, il lui avait été confié cette belle école d’élèves officiers, dont lui même était sorti, pendant l’occupation.
Haeberle avait pris toutes ses dispositions pour ceinturer sa maison à Autun. Puis le 22 juillet, le colonel Lévêque, habitant au troisième étage, au dessus du café français, va répondre à sa porte. On a sonné. Mais ce patriote voit les miliciens. Il referme bien vite sa porte. Aussitôt, il est abattu sauvagement. Telle est la fin dramatique de ce bel officier aux brillants états de services.
Son corps est resté trois jours étendu dans le vestibul. Il a fallu négocier pour le faire enlever.
Voici que s’avance lentement à la barre Mme Robert Lévêque, épouse du regretté colonel. Son visage est contracté. Elle retient ses larmes. On lui donne une chaise. Elle rappelle cette terrible scène qu’elle va faire revivre avec discrétion.
Oui Haeberle, dit-elle, était à la tête des miliciens. Ils ont fouillé mon appartement. Ensuite Haeberle m’a dit : « Préparez une valise de linge pour l’enfant, agé de 7 ans et très peu pour vous ».
Puis Madame Lévêque s’en va, toujours aussi digne. Elle a retenu ses larmes jusqu’à la dernière minute de sa déposition. Elle quitte aussitôt le prétoire.
Toutefois, en fin d’audience, Goldberg déclare « qu’à l’époque il fallait, coûte que coûte, obtenir des renseignements sur les maquis qui causaient tant de pertes aux Allemands. Et il ajoute : J’ai dû employer des moyens qui me répugnaient. »
La médaille de la Résistance française est une décoration française instituée en février 1943 à Londres par le général de Gaulle, chef de la France combattante. Son objet était de « reconnaître les actes remarquables de foi et de courage qui, en France, dans l’Empire et à l’étranger, auront contribué à la Résistance du peuple français contre l’ennemi et contre ses complices depuis le 18 juin 1940 ». Il s’agit, après l’ordre de la Libération, de la seconde et seule autre décoration créée pendant la Seconde Guerre mondiale par le général de Gaulle.
La médaille de la Résistance française a été conférée à 65 029 personnes dont 25 722 à titre posthume, appartenant aussi bien aux Français libres qu’à la Résistance intérieure. Elle a été également attribuée à 55 collectivités civiles ou militaires

NDLR: Le réseau Alliance était un réseau d’information, destiné à préparer le débarquement en Normandie. Le réseau Alliance, fournissait ces informations aux services secrets britanniques MI6.
He (ndlr: Général Montgomery) was transferred out of Italy on 23 Dec 1943 for the upcoming cross-Channel invasion.
https://ww2db.com/person_bio.php?person_id=7
Upon his return to England, Montgomery was given the 21st Army Group which encompassed all Allied ground forces that would take part in Operation Overlord, the invasion of Normandie, France. He had wished for the responsibility of overall Allied command, but was unable to secure the position due to politics since the United States contributed greatly to the campaign in both men and materiel.

NDLR: Le réseau Alliance était un réseau d’information, destiné à préparer le débarquement en Normandie. Le réseau Alliance, fournissait ces informations aux services secrets britanniques MI6.
He (ndlr: Général Montgomery) was transferred out of Italy on 23 Dec 1943 for the upcoming cross-Channel invasion.
https://ww2db.com/person_bio.php?person_id=7
Upon his return to England, Montgomery was given the 21st Army Group which encompassed all Allied ground forces that would take part in Operation Overlord, the invasion of Normandie, France. He had wished for the responsibility of overall Allied command, but was unable to secure the position due to politics since the United States contributed greatly to the campaign in both men and materiel.

Source « Mes Grandes vacances, Marguerite Lévêque » Au départ de Ravensbrück, convoie en camion vers Berlin jusqu’à la frontière Suisse puis en train, lac de constance, Genève, Annemasse, Lyon puis Paris (voir carte ci-dessous).



Les déportées furent ensuite dirigées vers le centre de traitement des déportées à l’hôtel Lutecia où elles recevèrent un ticket de métro et 10 francs.
Ravensbrück est une ancienne commune d’Allemagne située à 80 km au nord de Berlin, où le Troisième Reich établit de 1939 à 1945 un camp de concentration nazi spécialement réservé aux femmes, dans lequel vivent aussi des enfants. source


Lire « Camp nazi de Ravensbrück : Comment des femmes ordinaires sont devenues des tortionnaires SS«
Marguerite fut sujet aux travaux forcés pour Siemens : Extrait de ses mémoires, archives familiales.
The Siemens subcamp (Siemenslager) was located on a
https://muse.jhu.edu/pub/3/oa_monograph/chapter/3209422
swampy rise above Lake Schwedt in the immediate vicinity of
the Ravensbrück women’s concentration camp and the Ravensbrück “production center” of the Siemens concern. On
December 3, 1944,
detainees of the so-called Siemens detail
were transferred to the Siemens subcamp. The history of the
Siemens detail is the history of the Siemens subcamp as well
as the Siemens & Halske (S&H) fi rm’s involvement with the
Ravensbrück women’s concentration camp.

Pour aller plus loin : Encyclopédie de la Shoah

Le procès de Ravensbrück à Hambourg est une série de sept procès (1947 – 1948) pour crimes de guerre contre les fonctionnaires du camp de concentration de Ravensbrück que les autorités britanniques ont tenus dans leur zone d’occupation à Hambourg en Allemagne, après la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Ces procès ont lieu devant un tribunal militaire : trois des cinq juges sont des officiers britanniques, assistés par un avocat. Parmi les accusés figurent des membres du personnel du camp de concentration, à tous les niveaux : des officiers SS, les médecins du camp, des gardes masculins et féminins (Aufseherinnen), et quelques ex-prisonniers fonctionnaires qui ont torturé ou maltraité d’autres détenus. Au total, 38 accusés sont jugés dans ces sept procès. 21 des accusés sont des femmes. Un total de dix-huit condamnations à mort sont prononcées.
NDLR : Une immense parties des informations partagées ici sont extraites des 6929 documents déclassifiés provenant du procès du Tribunal Militaire de Lyon en Juin 1953
Laurence, leur fille, fut confiée au secours populaire avant de pouvoir rejoindre les parents de Marguerite; Edouard et Alice Kinziger à la Ferté sous Jouarre.
Témoignage de Mlle Marie Pernette, 40 ans, assistante Sociale au secours social à Autun. : « vers 19h30 le nommé GROSJEAN accompagné d’un officier Allemand s’est présenté à mon bureau. GROSJEAN m’a déclaré en me désignant une petit fille, « vous aurez à vous occuper de cette enfant, la mère vient d’être arrêtée. » J’ai demandé aussitôt le nom de l’enfant qu’il m’amenait; la fillette elle-même s’est nommée Laurence LEVEQUE. J’ai insisté auprès de l’officier allemand et de GROSJEAN, vêtu en milicien, pour savoir ce que j’avais à faire et de quoi il s’agissait, et par deux fois il m’a répondu « POLICE ALLEMANDE DE CHALON ». Lorsqu’ils ont quitté mon bureau la jeune LEVEQUE s’est écriée « ils ont fusillé mon papa ». Par la suite cette fillette interrogée m’a déclaré qu’elle avait vu tomber son père dans le couloir et qu’il était sûrement tué, de fait qu’il avait reçu beaucoup de balles de mitraillette. Je tiens à préciser qu’à aucun moment Mme Lévèque n’a été amené dans nos services depuis son arrestation. «


Lucette Billard, la plus jeune déportée autunoise, a témoigné du courage, de la fermeté, de la grandeur morale de Mme Lévêque. Quelques jours après la triste journée de l’assassinat du colonel, alors qu’elle était réunie dans la même cellule de la gestapo de Chalon-Sur-Saône, avec d’autres résistantes, avant d’être déportée vers Ravensbrück, Lucette Billard a vu comment Mme Lévêque, par sa force de caractère, soignait et remontait le moral de ses compagnes de souffrance, « une vrai mère pour les plus jeune ». Source : Le journal de Saône et Loire, 20 avril 2005
« Elle retrouva Suzanne Lanoiselée et la femme du Colonel Lévêque. Puis, ce fut l’embarquement dans le dernier convoi de déportés vers l’enfer concentrationnaire de Ravensbruck. » source : Le journal de Saône et Loire


